Nous ne citerons que l?article de Numerama sur le sujet :

http://www.numerama.com/magazine/13993-matignon-censure-une-depeche-afp-sur-le-piratage-en-france.html

A l?époque cette affaire avait déjà fait pas mal de bruit et il est surprenant que les journalistes soient passés à côté. Manque de conscience professionnelle ou volonté délibérée d?utiliser des gros chiffres pour appâter le chaland ? Nous ne sommes pourtant pas à la foire, quoique la suite du reportage pourrait nous convaincre du contraire.

Envoyé Spécial continue à brosser un portrait d?une jeunesse "pirate" qui détruit des emplois sans états d?âme. Pourtant un sondage IPSOS montrait clairement en septembre que seul 17% des 16-34 ans pratiquaient le téléchargement contrairement à l?image véhiculée par ce reportage d?une génération entière téléchargeant illégalement :

http://fr.readwriteweb.com/2009/10/02/analyse/discret-sondage-ispos-qui-discdite-hadopi/

Là encore le service de propagande de FRANCE 2 aurait pu simplement consulter les études des universités d?Harvard et de Rennes ou encore celle du gouvernement Hollandais, études qui démontrent très clairement que la problématique est mal posée et que ces jeunes sont aussi de très gros consommateurs de produits culturels. Ainsi, la Harvard Business School, mondialement connue pour être un repaire de gauchistes extrémistes, montre que la création artistique explose (dans le bon sens) grâce au téléchargement :

http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/l-universite-d-harvard-demontre-57902

L?étude de l?université de Rennes montre que les jeunes qui téléchargent consomment plus que les jeunes qui ne téléchargent pas, donc que d?un point de vue macro-économique les artistes gagnent plus d?argent (tout simplement)  :

http://www.numerama.com/magazine/11569-En-Bretagne-les-P2Pistes-sont-les-plus-gros-acheteurs-de-DVD.html

Nous pouvons même aller plus loin avec l?interview de l?auteur de l?étude hollandaise commandé par le gouvernement des Pays-Bas qui vient enfoncer le clou :

http://fr.readwriteweb.com/2009/03/18/a-la-une/impact-positif-p2p-interview-auteurs-etude-scientifique-neerlandaise/

Heureusement que l?interview d?un responsable de l?association UFC - Que choisir est alors venue nous rassurer sur la santé économique des majors sinon plusieurs téléspectateurs devaient être à deux doigts de leur faire un don à la vue du tableau noir qui venait de leur être brossé tout au long du reportage. Mais il suffit simplement de lire les communiqués de presse de ces majors pour être rassuré pour de bon :

http://www.info-financiere.fr/upload/BWR/2008/11/FCBWR034948_20081113.pdf

Là encore un même un neuneu, comme le dirait si bien le PDG de Co-Peer-Right-Agency, qui sait se servir de son ordinateur serait capable de trouver l?information mais pas les journalistes de la chaîne publique qui dû laisser le soin du montage de l?émission aux services de communication du ministère de la Culture visiblement tant leurs arguments étaient semblables.

Au delà de ces erreurs et des imprécisions techniques qui parsèment le reportage nous notons surtout l?emploi d?un vocabulaire en boucle autour des termes "pirates" et "délinquants", vocabulaire qui stigmatise toute une population sans mettre en évidence les autres côtés de la loi HADOPI, ceux qui dérangent : la privatisation de la justice, l?inversion de la charge de la preuve, l?absence d?un droit à la défense, la légalisation des mouchards... etc.

Sans parler du fait que la Quadrature du Net et la Ligue ODEBI avaient été sollicités et avaient répondu de manière constructive. Malheureusement il se trouve que ces deux passages ont été "coupé au montage" 4 heures avant la diffusion de l?émission. La Ligue ODEBI démontrait en particulier qu?un des piliers de la loi - le fait qu?on puisse identifier un internaute grâce à son adresse IP - était stupide et tomberait au premier procès. La Ligue ODEBI avait en effet réussi devant les cameras d?Envoyé Spécial à usurper des adresses IP en 30 minutes. Ce simple passage aurait suffit à n?importe quel juge pour classer les affaires à venir mais FRANCE 2 n?a pas cru bon de faire ce cadeau à ses téléspectateurs.

La Ligue ODEBI appelle donc à un boycott des journalistes des chaînes publiques ainsi qu?à un boycott de leurs émissions (JTs, reportages...).

Bon il est vrai, au vu de la qualité déplorable de ces chaînes qui ressemblent à s?y méprendre aux gazettes du kolkhoze de l?ère soviétique, que cela ne devrait pas être trop difficile, nous en convenons.

Nous lançons donc un groupe FACEBOOK sur le BOYCOTT de FRANCE 2 disponible à cette adresse :

http://www.facebook.com/group.php?gid=180199317361

http://www.odebi.org/